Le retour à la normale… ah ouin?

Depuis mars, routine et normalité sont disparus de notre foyer comme de celui de toutes les autres familles au pays. Si nous avons eu la chance d’être dans une région plutôt épargnée par la pandémie, il demeure que nous avons du reconstruire non seulement nos habitudes, mais surtout la petite routine de nos petits monstres qui sont rentrés à la maison le soir sans savoir qu’ils ne retourneraient pas en classe avant plusieurs semaines.

Je le sais plus comment poliment te faire comprendre de prendre la porte!!!!

Pire, les miens ne sont pas retournés avant la semaine dernière… et à l’aube de la rentrée pour l’année 2020-2021, le stress était tangible. Au final tout se sera très bien passé, outre la nouveauté de jouer à « je mets, j’enlève, je remets » mon masque.

C’est donc le retour à la normal pour moi qui travaille de la maison. Le retour du silence et de la tranquillité si propice à la création. Mais est-ce qu’on peut réellement parler de retour à la normale étant donné le contexte actuel? Est-ce qu’on DEVRAIT? Parce qu’au delà de la vie qui reprend tranquillement le dessus sur l’horreur des mois passés, l’anxiété est une compagne qui s’accroche.

Un petit café avant de partir? Trois café plus tard, une autre pointe de tarte, tout le monde en pyjama… et elle est encore là. Bref, on a tous déjà eu de la visite comme ça! Et l’anxiété c’est un pot de colle tenace.

Enweille, CRÉATIONNE DE QUOI GO!

Pourquoi je vous parle de ça? Parce que ce qui m’a frapper le plus dur lorsque j’ai mis mes monstres dans le bus pour la rentrée, c’est la vitesse à laquelle je me suis mise à faire les 158 listes de choses à faire, de chose que je DEVAIS absolument accomplir avant d’aller les cherchées à l’école pour le dîner, puis ce que je DEVRAIS absolument faire pendant l’après-midi avant leur retour.

Respirer, reprendre le contrôle de mon temps, profiter… euh non, c’est jamais sur la liste ça.

Nah, sérieux ça va bien hein…

Donc, quand je me suis assise avec tout mon matériel, mon agenda, mon cahier à dessin, tout ce TEMPS et toute cette SOLITUDE… rien. Rien sauf l’anxiété pot de colle, bien installée dans mon fauteuil avec un petit sourire qui veut surtout dire:

« Ahhh, c’est cute, tu pensais que tu allais travailler… naaaaah, regarde on va jaser de comment est-ce que t’es un échec cuisant parce que tes enfants sont à l’école avec pas assez de masques, de purell, de suit hazmat PIS en plus ça fait des MOIS que tu fais croire à tout le monde que si tu ne fais pas de patron en ce moment c’est parce que les enfants sont dans tes pattes… mais au final c’est parce que t’as pas de talent! »

L’anxiété de performance, le syndrome de l’imposteur PIS le stress… vraiment un excellent cocktail pour échouer lamentablement l’appel de l’inspiration. C’est bientôt l’automne, c’est LA saison du tricot/crochet qui reprend… il faut, il faut, il FAUT.

Ouais, mais non.

Ce qu’il faut, c’est laisser la place à l’inspiration en se concentrant sur des projets stimulants (pis j’ai de quoi de le fuuuuuun qui s’en vient…!!!), et en profiter pour remettre de l’avant des patrons existants! Et puis bon, j’ai aussi le cerveau qui explose d’idées pour ma petite chronique de fan art… Des choses amusantes, mais pas nécessairement rentables. Et je pense que je m’en fou? Je veux dire, si mon emploi « normal » de 9 à 5 me causait autant de stress… est-ce que j’y resterais? Là j’ai la chance de pouvoir me gérer moi-même! Alors je vais faire une EXCELLENTE patronne de moi-même et me donner du lousse hihihi!

Au final, éviter le retour à la normale quand la normale tue ta créativité… c’est pas si mal!

Parce qu’avant tout créé doit faire du bien!

J’ai transformé ma passion en travail rémunéré!

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Avec plein de sourires et un enthousiasme débordant… et ensuite je pourrais vous vendre mon manuel qui vous aiderait à devenir riche grâce à votre passion pour seulement trois paiements de 49.99$ au lieu de 150$ si vous vous abonnez à mon info-lettre! Remarquez, je ne me moque pas ici des coach professionnels qui ont réellement maîtriser l’art d’accompagner des entrepreneurs dans la réalisation de leur plein potentiel. En fait, ce n’est même pas le sujet de ce billet. 

Non, aujourd’hui je voudrais revenir sur le vieux dicton selon lequel « Si tu aimes ton travail, tu ne travailleras aucun jour de ta vie! ». Tsé, parce que t’aimes ça, donc c’est pas un travail.

Avant la pandémie, je travaillais pendant que les enfants étaient en classe et le soir, quand tout le monde était enfin au lit, je m’installais confortablement avec un projet et je relaxais. En pleine pandémie, j’ai arrêté de relaxer parce que je devais reprendre le temps « perdu » pendant la journée.

Les mailles travaillées une fois les enfants couchés, pendant une pause d’école à la maison, ou pendant que Papa est un peu disponible pour éteindre les feux… sont devenues tellement plates. Épuisée, il fallait quand même trouver des formes, des lignes originales, qui vendraient. 

Parce que, tsé, maintenant, je tricote pour faire des sous. Si ce sentiment montait déjà avant 2020, depuis que la pandémie fait rage il m’étouffe carrément. Le soir arrive et je n’ai pas envie de sortir mes aiguilles ou mes crochets. C’est vraiment incroyable pour moi car il n’y a pas si longtemps, ne pas avoir envie de tricoter ça aurait été la même chose à mes yeux que de ne pas avoir envie de respirer!

C’est un peu pour ça que le rythme de publication de mes patrons a diminué depuis quelques temps. C’est difficile de créer des patrons intéressants quand l’inspiration n’est pas au rendez-vous et l’inspiration ne peut pas être de la partie quand on rejoint le match à reculons. 

Bref, je suppose que mon conseil principale, et GRATUIT, est que vous devez absolument préserver un peu de la magie qui rend notre activité amusante si vous décidez de transformer un passe-temps ou une passion en source de revenus! 

Ça te parle? Parcours le blogues à la découverte de mes interludes créatifs. C’est ma façon à moi de garder conserver magie! 

Comment ça va toi?

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Mine de rien c’était, ce matin, le retour au travail de mon cher et tendre et donc le retour à la routine pour les monstres et moi. La routine… je sais pas comment ça va avoir été chez vous, mais par ici la routine elle a explosée en mars et depuis je ramasse des bouts de normalités par-ci, par-là… des trésors. 

Des trésors trop rares.

Par je ne sais quel(s) miracle(s), j’ai quand même réussi à travailler un peu depuis mars et à vous sortir quelques patrons.

Ce que les photos ne montrent pas, ce que les réseaux sociaux ne montrent pas, c’est qu’au travers de tout ça je n’ai pas tricotées/crochetées une seule maille par pur plaisir.

Non, il fallait produire.haieseule1logo

Bien entendu, j’adore mes projets, que je suis extrêmement fière de mon patron de poupée articulée avec les PLUSSE BEAU CHEVEUX DE MONDE (Salut Geneviève de Tricote-la <3).

IMG_7366_squarelogoEt c’est vraiment clair que je me sens comme une abeille de luxe avec mon Honey Bee… Parce que « tsé » de la Julie Asselin ET de la Fibrelya dans le même chandail!

Reste qu’au final il faut produire non seulement de la nouveauté, mais LA nouveauté. Celle qui va faire sa marque, mettre ton nom « sur la map »… « tsé ». On s’éloigne assez du petit projet relaxant.

20190811_201012Au travers de tout ça, les monstres à la maison avec leurs craintes et toute l’anxiété contextuelle qui fait exploser les attitudes. Puis nous avons perdu notre chien à cause d’une maladie soudaine, extrêmement violente… il venait d’avoir 5 ans.

C’était mon compagnon de tous les instants, travail à domicile oblige… bien avant le confinement. « Tsé » quand ça va bien.

Bref, nous aussi nous sommes à la recherche de notre nouveau « normal »… en attendant de sauter à pieds joints dans ce qui risque d’être la rentrée scolaire la plus étrange qu’on ait vécu à date!

Je crois donc que c’est le moment ou jamais de laisser tomber un peu la pression professionnelle et de me concentrer sur des projets qui m’aide à relaxer, à me ressourcer… et qui sait, l’inspiration sera peut-être au rendez-vous sous peu! En attendant, il y a toujours une centaine de patrons La rose du rang à découvrir sur Ravelry

Et toi… comment ça va ton 2020?

Découvrons la Chalet de Artfil… avec un nouveau patron!

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Il y a un moment déjà je vous parlais d’une adorable collaboration avec Artfil qui aura déboulé sur la naissance d’un coloris à mon nom dans leur collection « sweater ».

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Cliquez sur l’image pour voir la laine en boutique!

Après le dévoilement du patron et de la nouvelle couleur, j’ai reçu en cadeau un paquet de Artfil qui contenait un écheveau de « Karine » et trois petits écheveaux de leur laine « Chalet ».20191205_114007-1

Parenthèse ici: j’ai une peau très sensible et les laines plus rustique me démangent incroyablement. J’évite donc comme la peste tout ce qui me semble moins doux par peur de l’inévitable crise de grattage qui en résultera… Par contre, dès que j’ai mis la main sur les écheveaux toutes mes craintes se sont évaporées!

Oh.My.God. C’est ben doux ça!

C’était prometteur.

Même si au premier coup d’oeil la Chalet semble être une laine très rustique, il s’agit en fait d’un mélange 50% chanvre, 50% merino (de poid dk, 120m/50g) et ce sont les filaments de chanvre et son aspect un peu « ébouriffée » qui lui donne ce fameux aspect rustique. Dans les faits, c’est une laine très douce! J’ai dis que c’était doux? Au cas où: C’EST DOUX!

20191205_115227_HDRAprès avoir bobinés mes trois écheveaux, j’ai jonglé avec plusieurs idées de projet, puis je me suis dis que comme la laine m’avait été offerte, j’en profiterais pour écrire mes impressions et peut-être aider à vous donner envie de l’essayer. Pour ça, ça me prenait un petit patron pas trop compliqué… J’ai donc décidé de faire un petit col avec un motif pixelisé… mais il me restait tellement de laine et le gaspillage c’est tellement triste… C’est comme ça qu’est né le patron de l’Ensemble Chalet qui vous permet de réaliser un bandeau, un col et une paire de mitaines!

Mes impressions

Lorsque j’ai commencé à travailler avec la chalet, j’ai toute suite trouvé l’expérience vraiment agréable.bestpicturelogo Sérieusement, cette laine mérite d’être tricotée ou crochetée en chandail tout doux! En la bobinant il y avait des petites mousses un peu partout, mais il faut dire que je bobine… intensément… J’ai quatre chats, c’est donc toujours une course contre la montre pour sauver la pauvre laine haha!

Les mailles sont bien définies même avant blocage et je peux juste m’imaginer le résultat spectaculaire qu’on aurait avec un patron d’ouvrage avec un motif plus complexe que quelques pixels par ci, par là. Si vous cherchez le patron parfait avec plein de motifs, mes préférés sont par là: https://www.ravelry.com/designers/isabelle-allard

Les couleurs de la collections sont toutes plus belles les unes que les autres et je dois dire que les couleurs qui m’ont été envoyée (sérénité, détente et hamac) se complimentent ET se contrastent parfaitement.

coverlogoLa fibre est douce et chaleureuse, mon ouvrage ne mesurait que quelques centimètres et déjà je pouvais sentir une différence de chaleur lorsque je déposais mon ouvrage sur moi le temps de prendre quelques notes!

Au final, le col chalet sera parfait pour le printemps et l’automne, et probablement même pour les journées un peu moins rigoureuse de l’hiver. Pas parce que la fibre n’est pas chaude, mais simplement parce que je voulais concevoir un petit col léger! Idem pour le bandeau et les mitaines.

Je vous invite donc à découvrir le patron via Ravelry, mais également à ne pas hésiter à faire le saut si vous avez envie de mettre la main sur quelques écheveaux de la petite merveille qu’est la laine Chalet de Artfil yarn!

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** Cet article ainsi que le patron du col Chalet ont été écrits de mon initiative personnelle après avoir reçu en cadeau les écheveaux de Artfil yarn.

Le « fan art »… s’tu correct?

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Si ça a toujours été très présent dans le domaine, depuis quelques mois on en entend beaucoup parler. Avec le succès monstre d’un certain personnage vert aux grandes oreilles et aux énormes yeux, la demande pour un patron au crochet pour le réaliser à explosé. Il faut dire que la marchandise officielle tardait à arriver et qu’une crocheteuse inspirée travaille plus vite que son ombre!

Puis Etsy s’est rempli à la vitesse de l’éclair, les peluches et les patrons se sont multipliés plus vite que vite… et la souris à sorti les dents. Et les boucliers se sont levés aussi vite.

Comme si ils manquaient d’argent! Pff! Depuis quand le fan art est interdit!?!? 

Eum… malaise. C’est parce que j’aime bien le « fan art » moi… et j’aime Star Wars…

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La tentation de surfer la vague de popularité pour faire « fortune » et/ou devenir « virale », on ne se le cachera pas, est vraiment forte. Après tout, combien de patron à 14$ us pensez-vous qu’elle a vendue cette pauvre artisane avant de se faire mettre en demeure par la sourie?

Probablement plus que l’ensemble des patrons que moi j’ai vendus dans les 5 dernières années. Alors un petit patron de bébé Yoda… à 4-5$… tout mignon, vite fait… mais est-ce que je veux vraiment jouer ce jeu là? Nope.

Pourquoi je vous parle de ça? Parce que ça se peut des fois que vous voyez des personnages familiers sur ma page Facebook ou mon Instagram… mais vous ne risquez pas de les voir sous forme de patrons. J’indiquerai seulement si un patron m’a servi de base pour le réaliser.

Mais comme je suis pas mal geek à mes heures, c’est vraiment un aspect qui me manquait de plus en plus dans mon petit univers crocheté… le droit de prendre le temps de faire un projet juste parce que ça m’allume et pas juste parce qu’au bout il y a un ou deux 5$ qui m’attendent.

Et je trouvais ça plate de ne pas pouvoir partager ça avec vous.

D’ailleurs, je travaille présentement sur un petit ensemble de miniatures que je veux offrir en cadeau à une très bonne amie, en remerciement pour tout le travail qu’elle fait pour moi. Comme les amigurumi ce n’est pas sa tasse de thé, mais qu’elle les adores quand même… ça me semblait une bonne idée!

Frowny Witcher, je pense qu’il n’apprécie ni mes ongles, ni la longueur de ses cheveux.

Je dis ça comme ça, mais Geralt a plus de cheveux que Raiponce… o.m.g! Plus sérieusement, d’après-vous quel personnage accompagnera Geralt? Je devrais faire Roach…

À bien y penser, je devrais probablement crocheter le bain. Si vous ne comprenez pas, c’est pas grave c’est vraiment de l’humour précis à la franchise… et si vous comprenez, et bien… vous êtes les bienvenus pour l’image lol!

Alors, si je fesais un article Geek de temps en temps… vous voudriez voir quoi et pourquoi? Histoire de se connaître un peu mieux écrivez moi ça en commentaires!

Des ensembles à crocheter… au Dollarama?!?

Depuis plusieurs semaines on me demande mon opinion sur les fameux petits ensembles à crocheter en vente au Dollarama.

Pour 1,50$

J’avoue que lorsque j’ai vu ça Facebook, ça m’a un peu fait l’effet d’une grosse roche dans l’estomac. Après-tout, je vends moi aussi des ensembles prêts-à-crocheter et ils ne sont même pas proche d’être 1,50$. J’ai pensé faire un comparatif côte-à-côte de mes produits versus celui à 1,50$, mais je trouvais redondant d’écrire 5000 fois « Mais mon produit est plusse mieux! » et je me contenterai seulement de dire qu’au final ce ne sont pas des produits de même catégorie.

Mais parce que je suis une scientifique dans l’âme, j’ai décidé que c’était mon devoir d’explorer ce produit et de vous en faire un compte rendu. Je me suis donc dirigée vers le Dollarama le plus proche avec le but de me procurer un de ces kits. À ce stade de l’exercice, j’ignorais encore l’existence des différents modèles car je n’avais vu que le kit panda en photo.

J’ai eu la chance de trouvé plusieurs modèles différents à mon Dollarama local, mais c’est sans hésitation que j’ai choisi la licorne… parce que tsé. Par contre, je dois dire que ma première impression de ces petits sachets créatifs n’était pas très positive. Et ça c’est sans considérer le fait que j’essaie moi-même de gagner ma vie avec des patrons et des ensembles créatifs.

J’ai donc acheté l’ensemble licorne, à reculons et avec le moins d’enthousiasme ressenti pour un achat *ever* dans toute l’histoire de l’humanité et je suis rentrée chez moi avec l’intention de faire un billet honnête et sans préjugés sur le fameux produit. Ce qui est bien entendu complètement impossible et je m’excuserais, mais ça serait pas sincère pour deux cennes.

Voici donc mes impressions et commentaires.

1) L’apparence du produit
Les photos de couverture sont tellement laides! En fait, les photos rendent probablement tout à fait justice aux modèles offerts… ils sont vraiment… disgracieux. Si je ne crochetais pas déjà, ce n’est vraiment pas cette photo de licorne qui allumerait en moi une envie irrésistible de me mettre au crochet! Mais c’est un ensemble pour débutant avec des fournitures de qualité… non, ça on va en parler plus tard… Bref, c’est 1,50$.

On peut voir à l’intérieur du sachet et on constate toute suite que c’est un PETIT ensemble. Il y a peu de fil, donc pas beaucoup de place à l’erreur. Le patron n’est pas vraiment visible de l’extérieur, mais on devine facilement que nous n’aurons pas un patron de 15 pages avec tutoriel photo, mais le modèle est vraiment de base alors c’est plutôt normal.

Bref, c’est emballé proprement et on comprend facilement la nature du produit qu’on achète: ce n’est pas trompeur pour deux sous, on sait qu’on va devoir se gosser une licorne nous-même. Je veux dire se crocheter.

Ouan.

2) Les fournitures incluses
Quand on ouvre le sachet, on met enfin la main sur les fournitures qui nous aideront à mettre au monde notre petite créature. Ici c’est difficile pour moi de faire semblant que je ne suis pas une artisane dont toute la profession tourne autour de la fibre et, entre autre, du crochet de petites créatures.

Le crochet

C’est un crochet de base, sans prise ergonomique, ce qui n’est pas surprenant vu le bas prix du produit. Il est jaune, j’adore le jaune, mais il est en plastique mou… En plastique… mou!? Ce n’est pas une farce, j’ai fais tellement de grimaces en le sortant de l’emballage que mon mari pensait que je fesais un acv.

Comprenez ici que j’ai déjà utilisé des crochets cheap en plastique, mais je n’avais jamais rencontré de crochet mou avant. Mes poignets et mes épaules m’ont rapidement fait comprendre que si j’étais pour faire cette licorne, ça ne serait pas avec le crochet mou.

Personnellement, je pense que la meilleure façon de complètement dégoûter quelqu’un de l’art qu’est le crochet serait en effet de leur donner un crochet mou pour crocheter une bestiole miniature.

Le fil et la bourre

C’est un fil acrylique de qualité… ordinaire. À simples tâtons je peux toute suite prévoir qu’il va se dédoubler pendant la confection (surtout avec un crochet mou) et que je vais avoir une misère incroyable à garder une tension correcte.

Il y en a aussi très très peu. Je comprends que c’est une perte de profit que de mettre trop de matériel dans les ensembles créatifs, mais je me questionne honnêtement sur la possibilité de réaliser tout l’ouvrage avec aussi peu de fil… chose certaine, si je fais la moindre erreur ce sera peine perdue pour la licorne!

Pour ce qui est de la bourre, c’est une bourre de polyester bien ordinaire, je n’ai aucun commentaire à faire à ce sujet sinon pour dire qu’elle est présente et probablement en quantité suffisante.

Les yeux

Ce sont des yeux normaux, à première vue je les pensais noirs, mais ils sont brun avec la pupille noire.

L’aiguille à laine

C’est une aiguille de plastique, encore là rien d’étonnant vu le prix de l’ensemble, mais elle est vraiment plus petite que celles que l’on voit habituellement et le plastique est vraiment mou… je ne serait pas surprise qu’elle plie et/ou brise à la première couture.

3) Les instructions
Le feuillet d’instruction est imprimé recto-verso et l’un des côtés nous donne les instructions en image sur les points de base au crochet. Les ensembles sont donc apparemment destinés aux débutants.

Les différentes parties de l’animal (la licorne dans mon cas) sont faites en rond et les instructions sont offertes sous forme de diagramme. Je suis extrêmement mal placée pour commenter la chose parce que je ne suis pas du tout à l’aise avec les diagramme et pour des raisons de respect de droits d’auteurs, je ne peux pas mettre de photo du patron pour vous laisser juger vous-mêmes.

La traduction laisse à désirer, mais comme les informations importantes sont présentées en images je suppose que le patron est au minimum fonctionnel.

Conclusion…

Lorsque j’ai vu ces ensembles pour la première fois, la personne qui les présentait suggérait qu’ils seraient idéals pour apprendre le crochet à un débutant ou même à un enfant. Je crois que c’est une erreur.

Bien entendu le petit prix rend la chose intéressante, mais le produit fini n’est pas très beau et même si la petite taille de l’objet laisse croire que ce sera « vite fait, bien fait » le crochet n’est pas un exercice de vitesse et la personne risque d’être déçue de passer plusieurs heures à confectionner une bestiole aussi… tristounette.

De plus, le crochet inclus risque de rendre l’exercice vraiment désagréable et peut-être même douloureux. Pour une première approche de la discipline, il serait vraiment plus prudent d’inclure un crochet (et une aiguille!!) plus solide!

Il demeure que l’une de ces petites créatures vous semble peut-être assez sympathique pour mériter de se retrouver dans votre panier. Si vous n’avez pas déjà une réserve de laine débordante, ni accès à un ordinateur connecté à Internet (et vous donnant donc accès à une infinité de patrons plus mignons et mieux rédigés) et que vous avez le courage d’affronter le crochet mou, je vous dirais de vous laissez tenter.

Et si vous ne voulez pas immanquablement détester le crochet avec la passion brûlante de 1000 soleils, allez dans un magasin de grande surface proche de chez vous acheter un crochet plus solide.

**Notez ici que je voulais vous mettre la photo de ma mini licorne, mais qu’après avoir réécris la bible au complet en plusieurs langues, j’ai abdiqué et sacré le tout au fin fond d’un panier dans le fond d’un garde-robe.

La pression…

Ce matin, j’ai mal à mon tricot. Mon crochet ne m’appelle pas et ma laine, aussi belle et douce soit-elle, ne m’allume plus. Qu’est-ce qui se passe?

Quand l’idée de tricoter quelque chose te donne envie de rester au lit…

Lorsque notre passe-temps qu’on adore devient un gagne-pain, on ne voit pas toujours venir le problème du manque de motivation. Pourtant, maintenant que j’y fais face je crois que c’est écrit dans le ciel qu’il faut vraiment faire attention pour ne pas tomber dans le piège!

C’est quoi le piège? Le piège c’est la mautadine de pression de production. C’est terminé les soirées tranquilles à tricoter pour relaxer, non non car ça fait 1 mois que je n’ai pas sorti de nouveaux designs, il faut que je fasse quelque chose de productif! Plus de projets avec les patrons d’autres designers car mon budget de laine est limité et je dois m’en servir pour de nouveaux designs.

PRESSION, PRESSION, PRESSION!

Mais c’est insidieux comme processus, ça s’amène tranquillement sans qu’on voit venir. Parce qu’au début, les idées abondes et on n’a pas encore eu le flash que c’est une vraie de vraie job, ben non c’est juste une petite façon à côté de rentabiliser mon art.

Puis on se donne à fond parce que c’est vraiment motivant de vivre d’un métier créatif quand on est une personne créative… mais si je ne publie pas de nouveaux patrons, je vais clairement perdre le soutient de la communauté donc il FAUT publier, il FAUT produire! GO GO GO!

Sauf qu’il n’y a pas de case départ qui te donne automatiquement 200$ à chaque tour de piste et que la naïveté légère de la créatrice inspirée se retrouve écrasée sous la pression qu’on s’impose nous-même.

Quand ton « stash » de laine te donne l’impression d’être rempli d’adorables peluches maléfiques qui veulent te détruire…

Alors dernièrement j’ai décidé de mettre côté cette foutu pression, d’arrêter de me comparer avec d’autres entreprises qui me semblent plus performantes que la mienne, d’arrêter de vouloir forcer une production élevée au détriment d’un processus créatif agréable.

Alors au lieu d’essayer de forcer un nouveau design « rentable », je me suis crocheté une collection de petites poupées costumées. J’aime ça moi. Sérieusement, depuis que j’ai créé mon adorable Béa, je n’arrête pas de la voir avec une foule de costume amusant…

Béa, une icône de La rose du rang!

Mais Béa est grande et ces temps-ci les grands projets m’essoufflent… Alors j’ai pensé à mes adorables miniatures et l’inspiration est revenue. Juste comme ça, avec un mini projet juste pour moi et sans prétention.

Bon, c’est rapidement devenu autre chose qu’un projet juste pour moi parce que mes filles m’ont vu dessiner des costumes sur une page de poupée imprimée à la va-vite…

Je vous avoue que l’ananas punk de ma grande princesse risque d’être ma préférée à vie… la voyez-vous?

Mais après 6 costumes, 6 poupées… je ne m’amusais plus tellement parce que j’étais retombée dans le piège de rentabiliser le patron en le rendant plus intéressant. Alors j’ai décidé de mettre de côté mes dessin et d’en faire une qui me représentait moi. C’est cette petite pause « retour aux sources » qui m’a donné assez de souffle pour continuer le projet.

Devinez laquelle de ces adorables poupées me représente??

Un petit rappel qu’avant tout, La rose du rang c’est pour mon petit bonheur à moi que je l’ai créé et que si l’entreprise en vient à étouffer le plaisir de créer… c’est un petit peu niaiseux non? Alors le patron, il sortira quand il sortira… il vendra s’il vend… mais en attendant j’ai plein de jolies peluches juste pour moi!

(Oui, parce que je les cache sinon je vais encore me les faire volées!!!)

Et vous, qu’est-ce qui vous aide à raviver la flamme créative?

La rose du rang… au fond, c’est moi!

L’entraide

Lorsque je me suis lancée en affaire, ce n’était pas par ambition ou parce que j’étais habitée par une vision précise d’un projet incroyablement original qui devait immanquablement voir le jour.

Non.

Je m’ennuyais à la maison avec les enfants (je sais, c’est terrible de l’avouer) et j’avais besoin d’accomplir quelque chose de plus que de changer des couches et laver de la vaisselle.

Et pour être 100% honnête, à l’époque c’était la folie furieuse pour les tuques au crochet et je me suis dit « why not!?  Je peux peut-être faire 2-3$ moi aussi! ». Indeed…

Depuis les choses ont changés, La rose du rang a maintenant une vocation plus claire et beaucoup plus intéressante pour moi d’un point de vue créatif! Par contre, lorsque j’ai fait mes premiers pas dans l’entreprenariat, j’ai découvert toute une communauté d’artisans qui se soutiennent… et je trouve ça juste magique!

Cette communauté de gens passionnés, c’est le vrai trésor sur lequel je suis tombée lorsque je me suis lancée en affaires. J’ai fait des rencontres incroyables et j’ai aussi formé des amitiés précieuses qui ont rapidement dépassé le simple cadre de l’entraide professionnelle…

Et ça, ça n’a pas de prix!

Alors même si je ne me baigne pas dans des tonnes de dollars comme l’oncle Picsou, mon parcours dans l’aventure La rose du rang m’apporte quand même de belles richesses!

Avez-vous déjà découvert un trésor caché en vous lançant à la recherche de quelque chose de complètement différent?

Plaire…

L’humain, pour une raison obscure que j’ignore, est un animal social. C’est plus fort que nous, on recherche immanquablement l’approbation des autres. Pourquoi je vous parle de ça?

Cette semaine, ma grande princesse m’est revenue en larmes parce que des petits humains participant à une activité de création se sont moqués de son œuvre en plus de saboter celle-ci en la tachant de peinture.  L’intimidation, elle connait bien et les ravages se sont fait rapidement et profondément durant les dernières années…

Mais le discours de ma grande ce n’était pas un questionnement à savoir pourquoi les petits humains en question étaient si méchants pour rien. Non…

– Maman, je vais faire comment pour être une artiste si je suis même pas capable de faire quelque chose qu’elles trouvent assez beau pour me laisser tranquille?

Indeed mon bébé, indeed.

Donc, j’explique à l’héritière que ce n’est pas possible de plaire à tout le monde, que ce qui est important c’est que son art lui apporte quelque chose à elle. Parce que si elle retire quelque chose de positif de son processus, si son œuvre lui fait ressentir quelque chose, immanquablement il y a d’autres personnes dans l’Univers que ça va rejoindre et ce sont ces personnes qui méritent d’avoir son attention.

Tsé, un beau discours pédagogique… Elle va grandir, elle va comprendre et elle va se concentrer sur les gens qui l’apprécient au lieu de toujours essayer de se faire une p’tite place dans le cœur de tout le monde.

Riiiiiiiight.

Je veux dire, j’ai 36 ans et j’attends toujours de la développer cette nonchalance tellement promise au fil des années qui passent. C’est le plus grand danger, je crois, lorsqu’on prend son talent pour en faire un métier… on se sort un peu de l’anonymat.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais!!!

Après-tout, l’estime de soi est tellement fortement liée avec ce qu’on crée… Je vous assure, il n’y a pas plus vulnérable qu’un designer qui lance son bébé dans la sphère publique! C’est certain que je fais ce que je fais parce que ça me rend heureuse, mais n’empêche que ça me rend vachement plus heureuse quand les réactions à mon ouvrage sont positives!

Ça me fait aussi réaliser qu’on est TRÈS rapides pour parler de ce qu’on n’aime pas, mais un peu moins pour souligner ce qu’on aime. On en est tous coupable, moi la première, et pourtant je sais à quel point c’est génial de recevoir des commentaires positifs sur notre travail! Ou de se faire offrir le bénéfice du doute quand on manque son coup…

Alors, si on se donnait comme petit défi de prendre le temps de laisser un petit commentaire agréable aux artistes et artisans que nous suivons sur les réseaux sociaux? Après-tout si on voit leurs publications, c’est qu’on les aime déjà un peu alors autant mettre un peu de soleil dans leurs journées! Et de se souvenir que derrière l’écran, il y a une vraie personne qui va les recevoir ces commentaires.

Et aussi… si on pouvait travailler un petit peu plus fort pour apprendre à nos enfants que s’ils n’ont rien de gentil à dire ils peuvent facilement fermer leurs adorables petites bouches… peut-être qu’on en ferait des adultes pas pire pantoute!

Et si on prenait la peine de se dire des belles affaires des fois?

Bref, tant qu’à prendre du temps pour « réseauter » et me remplir les yeux avec le beaux créé par mes collègues, je vais aller leur mettre des p’tits coeurs et des p’tits mots doux!

Le succès…

Depuis quelques temps, le domaine du tricot et du crochet gagne en popularité. Les gens sont inspirés et beaucoup prennent leur courage à deux mains pour se lancer dans le design, la tête pleine d’idées et le coeur plein d’espoir.

Il y a des succès, des coups d’épée dans l’eau, des feux de pailles et toutes les variations possibles entre les deux. Pour plein de raisons différentes et pas seulement à cause du talent de la personne qui se lance en affaire.

La rose du rang « vintage »

Quand j’ai mis mon orteil à l’eau en 2014, la mode n’était pas au design… c’était les tuques rigolotes très fortement inspirées par des personnages connus. J’ai essayé, mais mon dieu que je trouvais ça pénible au bout du compte! On était 14000 naïves en quête du monde de la fibre, j’étais maladroite pour essayer de me faire une place et TRÈS rapidement je me suis complètement tannée de faire des mausus de tuque.

Ça augurait mal pour La rose du rang.

Mais quand je suis tombée dans l’univers du design, j’ai vraiment eu la piqûre. Je pouvais faire ce que je voulais, comme je le voulais! Je mets quelques heures (hahahaha) sur un patron que je peux vendre pour toujours, un million de fois (HAHAHAHHAHAHAHA!) pour 5$!!

Ouais… non.

Écrire un patron, ce n’est PAS long, mais écrire un BON patron l’est beaucoup plus. Le petit patron de 2-6 pages que vous payez entre 6 et 10$, je vous assure que j’ai passé plusieurs semaines à le travailler. Il y a les tests, puis la révision, les photos… c’est long, c’est du temps, mon temps. J’ose même pas calculer combien ça me paie de l’heure…

Et ensuite ce petit bébé la je le prends et je le garoche dans une immense mer de possibilités pour les tricoteuses et crocheteuses. Est-ce que leur regard va ne serait-ce que ralentir sur MON patron? Donc par-dessus le temps de conception et de rédaction, on doit ajouter du temps pour le… marketing. Ouan.

À lire avec une voix de film d’horreur.

Le marketing, la pub et la vente en générale ne font vraiment pas partie de mes forces. Je suis toujours mal à l’aise de vanter mes produits, je suis gênée de demander un prix juste pour mon travail et j’ai de la misère à me considérer comme une « vraie » entrepreneure.

Ajoutons à ça la culture du « Mais t’aimes ça, c’est pas vraiment un travail! » et des « Ouais, mais tu pourrais au moins demander 20$ pour ça! » sans oublier le populaire « Si tu m’en fais un gratis je vais te faire plein plein de publicités pis tu vas devenir riche! ».

Ça ce ne sont pas des éléments clés pour la réussite professionnelle! Alors comment on fait pour avoir du succès? Je n’ai pas de réponse pour vous, mais j’aimerais vous retourner une autre question…

Comment on mesure le succès?

Est-ce que c’est en nombre de fans Facebook/Instagram? Est-ce que c’est en nombre de ventes? Est-ce qu’une entreprise a du succès seulement dans la mesure ou on frôle les 6 chiffres par année?

Pour ma part, j’ai du plaisir à faire mon travail et je rencontre grâce à lui plein de merveilleuses personnes. Je suis maître chez moi, comme on dit, ce qui me donne la chance d’être présente pour mes enfants et de profiter de ma petite famille. Ceci-dit, j’ai de la chance d’avoir le support de mon petit mari dans cette aventure, parce que pour l’heure c’est loin d’être la vente de patrons qui paie la maison!

Bref, à mon sens ma petite compagnie EST un succès parce que j’aime ce que je fais, mes clients aiment ce que je fais et ils en redemandent! Alors je vais continuer d’améliorer mes façons de faire pour offrir toujours de meilleurs produits, tout en respectant mon rythme et la personne que je suis… après tout La rose du rang c’est moi, et ça c’est quelque chose qui gagne à être conservé au centre de l’aventure.

Une bonne représentation visuelle de comment ça se passe dans mon cerveau 24/7!